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Mes débuts palpitants en Suisse en tant qu’infirmière, je vous dis tout !

Après l’euphorie de la signature de mon contrat d’embauche, je me préparais à ma période d’intégration. Nouveau pays, nouvel hôpital, nouveau projet professionnel, diplôme d’infirmière depuis 6 ans, j’étais impatiente.

Je pensais que mes années d’expérience d’infirmière me permettraient de m’adapter rapidement et de faire face à toutes les situations. J’avais tort. Je ne doutais pas que l’exercice de ma profession était à ce point différente et je vais vous expliquer pourquoi/ en quoi. Intégrer un nouvel hôpital, faire partie d’un nouveau service de soins intensifs peut être une étape déstabilisante, même pour quelqu’un ayant déjà une expérience de 6 ans en tant qu’infirmière. C’est ce que j’ai pu constater lors de ma propre intégration.

Après avoir travaillé pendant plusieurs années dans plusieurs services hospitaliers de réanimation soins intensifs , j’ai décidé de poursuivre ma carrière d’infirmière aux soins intensifs en Suisse. Ah oui, je précise, le service de réanimation et l’équivalent des soins intensifs en Suisse. C’était parti pour trois semaines d’intégration. Professionnel de santé depuis plusieurs années, je pensais pouvoir m’adapter rapidement et faire face à toutes les situations. Cependant, je me suis vite rendue compte que ce n’était pas si simple.
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Ecrit par
Ornella B.
Publié le
26 juillet 2024

Le service de réanimation soins intensifs composé de 7 lits a pour spécialité la cardiologie ( ma spécialité de prédilection 😊). Premiers constat, les pansements: oubliez le betatine 3 temps comme je l’ai toujours connu savon, betadine alcoolique, betadine dermique. Désormais, c’est 3 passages avec de la bétadine dermique et puis c’est tout.

L’accent mis sur la clinique du patient dans les soins intensifs a été un véritable défi pour moi. Malgré mes années d’expérience, j’ai dû réapprendre certaines compétences cruciales, telles que l’auscultation et la reconnaissance des différents bruits respiratoires. Ce qui était autrefois acquis pour moi, est devenu incertain. Ça a été une période de doute pour moi.

De plus, la lecture des radiographies a été un autre apprentissage dans la prise en charge des patients. En Suisse, on attendra d’un infirmier de s’assurer du bon positionnement de la sonde endotrachéale, de la voie veineuse centrale, la sonde naso-gastrique et des drains pleuraux. Mais dans les soins intensifs, chaque détail compte et il ne faut pas faire d’erreurs. J’ai donc dû revoir mes connaissances et approfondir mes compétences pour être sûr de fournir les bonnes informations aux anesthésistes et assurer la bonne prise en charge des patients. Et ça passe par la révision des protocoles de soin.

“On ne nous dit pas à quel point ça peut être déstabilisant, j’ai eu parfois l’impression de réapprendre mon métier”

Deux semaines après le début de mon intégration, j’ai pu échanger à ce sujet avec ma cadre de santé qu’on appelle l’ ICUS et faire le point qui m’a rassuré en m’expliquant que c’était normal.

  • Note : Définition de l’ICUS : L’infirmière cheffe de l’unité de soins est la personne responsable de l’équipe de soins dans un service. Elle assure la gestion de l’équipe.

Au fur et à mesure de mon intégration dans le service de soins intensifs, j’ai pu compter sur le soutien et la collaboration de mon équipe infirmière, qui m’ont aidé à surmonter mes craintes et défis auxquels j’étais confronté. Grâce à cette expérience, j’ai acquis de nouvelles compétences comme l’autonomie, ma gestion du stress et une plus grande confiance en moi en tant que professionnel de la santé.



En conclusion, mon intégration dans le service des soins intensifs a été un véritable défi, malgré mes 6 ans d’expérience préalable. J’ai dû réapprendre certaines compétences que je pensais acquises et approfondir mes connaissances pour être à la hauteur des exigences de ce service. Cependant, cette période d’apprentissage intense m’a permis de grandir en tant qu’infirmière.

J’ai appris à aborder le soin autrement en mettant l’accent sur la clinique du patient plutôt que la technique.

Je considère ces trois semaines d’intégration comme un socle, sur lequel j’ai pu me baser. Et qui m’a permis de me remettre en question sur ma pratique infirmière.

Être infirmière c’est finalement apprendre en permanence, vous ne trouvez pas ?



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